Pays-Bas , Belgique, Espagne, Canada, Afrique du Sud, Norvège, Suède, Portugal, Islande, Argentine et Danemark. Déjà onze Etats, dont certains de tradition « très catholique », ont fait le choix de légaliser le mariage entre homosexuels. Mais comme elle l’était pour le droit de vote des femmes, la France semble aujourd’hui relativement en retard sur la question.
Au lendemain des élections présidentielles, tous les regards des homosexuels se tournent donc vers François Hollande, qui avait fait du mariage gay l’une de ces propositions phare en direction de la communauté LGBT. Tous ? Non. Car, comme dans n’importe quel milieu, les avis sont partagés chez les homosexuels.
D’un côté, il y a ceux pour qui les mots ont une importance capitale, comme Florence Bertocchio, présidente de l’association Arc-en-ciel à Toulouse : « Il ne s’agit pas de créer un mariage homosexuel, mais seulement d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Car aujourd’hui, les droits attachés au mariage n’existent dans aucune autre forme d’union, même pas le pacs. Le mariage apporte un supplément de droits, notamment concernant les héritages et la filiation. »
L’égalité, c’est bien tout ce que demande Ingrid, pacsée et mère de deux enfants : « Dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, il est bien inscrit que nous sommes tous égaux ? Et bien c’est cette égalité là que je souhaite. Je veux avoir les mêmes droits que tous les citoyens, c’est tout. Pour moi, le mariage véhicule l’idée de famille. Porter le même nom que ma compagne serait plus simple au quotidien. »
Une notion de famille d’autant plus importante lorsque les enfants sont là : « Avec le mariage, il n’y a pas besoin d’entamer des démarches juridiques de délégation d’autorité parentale en faveur du parent non-biologique, cela se fait automatiquement. Alors qu’aujourd’hui, nous sommes soumis au bon vouloir d’un juge sur cette question là, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. »
Héritage judéo-chrétien
D’autres sont plus partagés sur la question, comme Aurélien : « D’un point de vue juridique, je prône bien sûr l’égalité des droits. Mais je ne suis pas persuadé qu’il faille pour cela passer par le mariage qui, pour moi, ne signifie plus grand-chose. Dans la société de consommation actuelle, où les divorces sont de plus en plus nombreux, l’idée du mariage qui vise à fonder un foyer pour passer toute sa vie ensemble n’a plus de sens. Je préférerais que l’on trouve un autre modèle d’union, plus souple, dans lequel on pourrait changer de partenaire plus facilement tout en préservant les enfants. »
Idem pour Arnaud, pacsé depuis trois ans, pour qui le mariage est tombé en désuétude : « C’est un héritage de culture judéo-chrétienne dans lequel je ne me reconnais pas. Je trouve même dommage d’être obligé d’en passer par là pour pouvoir obtenir une certaine sécurité administrative (impôts, héritages…). Il suffirait simplement que le Pacs offre les mêmes droits. Quant au côté ₺folklorique₺ de la chose, il n’y a pas forcément besoin de se marier pour faire la fête. »
Une fête certes, mais qui, pour Ingrid, n’a pas tout à fait la même force symbolique : « Pour notre Pacs, ma compagne et moi avions mis de belles robes. Nous sommes allées au tribunal d’instance le signer, puis nous avons invité la famille et les amis pour faire la fête. Malgré cela, ça n’a pas la même incidence sur les proches qu’un mariage. » Du coup, la jeune maman salue l’initiative de la municipalité toulousaine (et de quelques autres en France) qui, depuis quelques mois, propose à ses administrés de solenniser leur Pacs avec une cérémonie au Capitole. Comme un vrai mariage, ou presque…
17 mai : Journée Mondiale contre l’homophobie
17 mai : Journée Mondiale contre l’homophobieSelon une opinion largement répandue dans les pays occidentaux, l’homosexualité serait aujourd’hui plus libre que jamais : partout présente et visible, dans la rue, dans les journaux, à la télévision, au cinéma, elle serait même tout à fait acceptée, ce dont témoignent apparemment, dans plusieurs pays, les récentes avancées législatives sur la reconnaissance des couples de même sexe. Certes, quelques ajustements demeurent nécessaires pour éradiquer les dernières discriminations, mais avec l’évolution des mentalités, ce ne serait en somme, selon certains, qu’une simple affaire de temps, le temps de faire aboutir un mouvement de fond lancé depuis plusieurs décennies déjà.
Pour l’observateur un peu plus attentif, la situation est globalement bien différente : et à vrai dire, le XXe siècle a sans doute été une des périodes les plus violemment homophobes de l’Histoire : déportation dans les camps de concentration sous le régime nazi, goulag en Union soviétique, chantages et persécutions aux Etats-Unis à l’époque de McCarthy... Evidemment, tout cela peut sembler loin. Mais bien souvent, les conditions d’existence dans le monde d’aujourd’hui restent très défavorables.
L’homosexualité est partout discriminée ; dans quatre-vingts Etats au moins, les actes homosexuels sont condamnés par la loi (Algérie, Sénégal, Cameroun, Ethiopie, Liban, Jordanie, Arménie, Koweït, Porto Rico, Nicaragua, Bosnie...) ; dans plusieurs pays, cette condamnation peut aller au-delà de dix ans (Nigeria, Libye, Syrie, Inde, Malaisie, Cuba, Jamaïque...) ; parfois, la loi prévoit la détention à perpétuité (Guyana, Ouganda). Et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être effectivement appliquée (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite...). En Afrique, récemment, plusieurs présidents de la république ont brutalement réaffirmé leur volonté de lutter personnellement contre ce fléau selon eux " anti-africain ". Même dans d’autres pays où l’homosexualité ne relève pas du code pénal, les persécutions se multiplient. Au Brésil par exemple, les Escadrons de la mort et les skin heads sèment la terreur : 1960 meurtres homophobes ont pu être recensés officiellement entre 1980 et 2000. Dans ces conditions, il paraît difficile de penser que la " tolérance " gagne du terrain. Au contraire, dans la plupart de ces Etats, l’homophobie semble aujourd’hui plus violente qu’hier. La tendance n’est donc pas à l’amélioration générale, tant s’en faut.
C’est pourquoi nous proposons cette Journée Mondiale de Lutte Contre l’Homophobie. Elle a pour but d’articuler action et réflexion afin de lutter contre toutes les violences physiques, morales ou symboliques liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Elle entend susciter, soutenir et coordonner toutes initiatives contribuant à l’égalité entre les citoyens en la matière, de jure, mais aussi de facto, et cela dans tous les pays où cette démarche sera possible.
L’organisation d’une journée de lutte contre l’homophobie dans chaque pays permettra d’inscrire nos luttes dans une démarche de solidarité avec toutes les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) du monde entier. Mais il s’agit aussi d’inscrire nos luttes dans une démarche plus globale de défense des droits humains. Depuis plusieurs décennies, dans le monde entier, de nombreuses actions ont été menées dans cette perspective, non sans succès d’ailleurs.
Nous nous situons dans cette lignée : nous voulons renforcer les expériences engagées, donner plus de visibilité aux tentatives futures et nous en appelons aux instances nationales et internationales afin qu’elles inscrivent cette Journée dans l’agenda officiel, à l’instar de la Journée Mondiale des Femmes ou de la Journée Mondiale de Lutte contre le Sida. La reconnaissance d’une telle Journée serait ainsi un engagement clair de la communauté internationale. Elle s’est mobilisée contre de nombreuses autres formes de discriminations et de violences sociales, mais pas encore sur ces sujets.
- Le site http://www.homophobie.org/
17 mai : Journée Mondiale contre l’homophobieSelon une opinion largement répandue dans les pays occidentaux, l’homosexualité serait aujourd’hui plus libre que jamais : partout présente et visible, dans la rue, dans les journaux, à la télévision, au cinéma, elle serait même tout à fait acceptée, ce dont témoignent apparemment, dans plusieurs pays, les récentes avancées législatives sur la reconnaissance des couples de même sexe. Certes, quelques ajustements demeurent nécessaires pour éradiquer les dernières discriminations, mais avec l’évolution des mentalités, ce ne serait en somme, selon certains, qu’une simple affaire de temps, le temps de faire aboutir un mouvement de fond lancé depuis plusieurs décennies déjà.
Pour l’observateur un peu plus attentif, la situation est globalement bien différente : et à vrai dire, le XXe siècle a sans doute été une des périodes les plus violemment homophobes de l’Histoire : déportation dans les camps de concentration sous le régime nazi, goulag en Union soviétique, chantages et persécutions aux Etats-Unis à l’époque de McCarthy... Evidemment, tout cela peut sembler loin. Mais bien souvent, les conditions d’existence dans le monde d’aujourd’hui restent très défavorables.
L’homosexualité est partout discriminée ; dans quatre-vingts Etats au moins, les actes homosexuels sont condamnés par la loi (Algérie, Sénégal, Cameroun, Ethiopie, Liban, Jordanie, Arménie, Koweït, Porto Rico, Nicaragua, Bosnie...) ; dans plusieurs pays, cette condamnation peut aller au-delà de dix ans (Nigeria, Libye, Syrie, Inde, Malaisie, Cuba, Jamaïque...) ; parfois, la loi prévoit la détention à perpétuité (Guyana, Ouganda). Et dans une dizaine de nations, la peine de mort peut être effectivement appliquée (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite...). En Afrique, récemment, plusieurs présidents de la république ont brutalement réaffirmé leur volonté de lutter personnellement contre ce fléau selon eux " anti-africain ". Même dans d’autres pays où l’homosexualité ne relève pas du code pénal, les persécutions se multiplient. Au Brésil par exemple, les Escadrons de la mort et les skin heads sèment la terreur : 1960 meurtres homophobes ont pu être recensés officiellement entre 1980 et 2000. Dans ces conditions, il paraît difficile de penser que la " tolérance " gagne du terrain. Au contraire, dans la plupart de ces Etats, l’homophobie semble aujourd’hui plus violente qu’hier. La tendance n’est donc pas à l’amélioration générale, tant s’en faut.
C’est pourquoi nous proposons cette Journée Mondiale de Lutte Contre l’Homophobie. Elle a pour but d’articuler action et réflexion afin de lutter contre toutes les violences physiques, morales ou symboliques liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. Elle entend susciter, soutenir et coordonner toutes initiatives contribuant à l’égalité entre les citoyens en la matière, de jure, mais aussi de facto, et cela dans tous les pays où cette démarche sera possible.
L’organisation d’une journée de lutte contre l’homophobie dans chaque pays permettra d’inscrire nos luttes dans une démarche de solidarité avec toutes les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) du monde entier. Mais il s’agit aussi d’inscrire nos luttes dans une démarche plus globale de défense des droits humains. Depuis plusieurs décennies, dans le monde entier, de nombreuses actions ont été menées dans cette perspective, non sans succès d’ailleurs.
Nous nous situons dans cette lignée : nous voulons renforcer les expériences engagées, donner plus de visibilité aux tentatives futures et nous en appelons aux instances nationales et internationales afin qu’elles inscrivent cette Journée dans l’agenda officiel, à l’instar de la Journée Mondiale des Femmes ou de la Journée Mondiale de Lutte contre le Sida. La reconnaissance d’une telle Journée serait ainsi un engagement clair de la communauté internationale. Elle s’est mobilisée contre de nombreuses autres formes de discriminations et de violences sociales, mais pas encore sur ces sujets.
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