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Canal hystérique

Mauvaises ondes sur le Canal

Il fait partie intégrante du paysage, mais on ne le voyait presque plus. Véritable épine dorsale reliant les trois grandes régions du Sud-Ouest, le long serpent d’eau transporte depuis plus de trois siècles ses touristes, ses péniches et ses légendes. Il a redessiné la carte économique, touristique et culturelle de Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et d’Aquitaine. Bâti à l’origine par l’incroyable courage de son concepteur Pierre-Paul Riquet, afin de relier la Méditerranée et l’Atlantique, évitant en cela le long voyage par Gibraltar, l’ouvrage est avant tout une incroyable prouesse technique, et économique. Imaginez : seulement 15 années de travaux avec 12 000 hommes à la manoeuvre. Près de 450 Km de Bordeaux à Sète, 63 écluses, des biefs, des ports, des "pentes d’eau", des largeurs maximum de 20 mètres, 2,50 mètres de profondeur. L’un des plus grands chantiers du XVII ème siècle ! On ne le voyait plus ? Emprunté chaque été par près de 500 000 touristes, le chef d’oeuvre coule des jours paisibles. Jusqu’à l’apparition en 2006 d’un petit champignon appelé chancre coloré qui décime lentement la population des platanes, plus de 40 000, qui bordent l’ouvrage, et relance de fait le débat sur la gestion de l’édifice qui a été classé auparavant au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. C’était en 1996. Panique à bord des collectivités et de l’établissement public qui le gère - Voies Navigables de France - , il faut sauver le soldat Canal.

Mais le chantier a un coût, estimé à plus de 200 millions d’euros, dont l’abattage des platanes et la replantation de nouvelles essences. C’est sur ce nouveau, et énorme chantier, que nous nous penchons dans ce numéro spécial. Jean Giono et son "Homme qui plantait des arbres" aurait pu y trouver un cadre idéal pour son plaidoyer à la nature. Sauf que de nos jours, la nature a un prix. C’est donc tout un "éco-système" qu’il faut reconstruire : qui va financer les chantiers, les touristes vont-ils continuer à venir, les communes devront-elles payer, le secteur privé va t-il s’engouffrer dans la brèche, que vont devenir les berges jusqu’alors ombragées ? Autant de questions sur lesquelles nous revenons longuement. Car la maladie a mis en lumière la vie jusqu’alors paisible du "peuple de l’eau". Habitants des péniches, ouvriers, précaires, anciens bateliers, touristes... C’est un véritable microcosme qui grouille de passions et d’histoires, bien loin de l’habituelle carte postale sur fond de soleil couchant. Et c’est aussi l’occasion de se pencher sur la question de l’eau, de sa gestion ou sa pollution, de la relance du fret qui a fait les beaux jours de l’ouvrage pendant deux siècles, mais aussi sur celle, délicate, de la gestion des ports soumise à concurrence entre public et privé. Bienvenue à bord, pour ce voyage en père pas si peinard, sur les eaux remuantes du grand Canal des Deux Mers.

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