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Dossier Energie

Éco-hameaux, pourquoi ça ne prend pas

15 avril 2011, par Ariane Mélazzini-Dejean

Verfeil sur Seye (Tarn-et-Garonne - 82)

Éco-villages, éco-hameaux, ces nouvelles formes d’habitat écologiques sont-elles viables pour réduire l’impact énergétique ? Oui, mais… En Midi-Pyrénées, quelques projets sont en cours, beaucoup ont été abandonnés. Petit état des lieux à travers trois expériences locales d’éco-hameaux, censées servir d’exemple…

Pour François Plassard, docteur en économie, ingénieur agronome, concepteur de la démarche Eco-hameaux, le co-habitat écologique en Midi-Pyrénées manque cruellement de parrains politiques pour imposer ses bienfaits. Lire l’entretien


Il y a cinq ans, parler d’éco-hameaux en France relevait de la pure utopie. Pourtant, certains se sont lancés dans l’aventure, convaincus d’être sur la voie d’un futur plus enviable : constructions écologiques, utilisation et partage des énergies renouvelables, agriculture biologique, systèmes collectif de retraitement des déchets, récupération des eaux de pluie, etc.

L’Isle Arné : le facteur humain en question

En 2005, Gérard Vivès, habitant de la petite commune de l’Isle Arné dans le Gers, met un terrain d’un hectare et demi, dont il a hérité en plein cœur du village, à contribution d’un éco-hameau, constitué d’un village d’artisans, d’habitats sociaux, d’un centre de formation, d’une épicerie bio, etc... Le groupe d’habitants constitué, des « néo ruraux », on discute de l’avenir des 10 parcelles à habiter. Mais, sur le terrain, les idéologies ne se fondent pas dans le paysage. Écolos purs et durs contre paysans réfractaires, les critiques fusent, le maire se désolidarise. « Il faudrait qu’il y ait plus de locaux sur un tel projet, j’étais seul face à des personnes qui ne se souciaient pas de la réalité locale », regrette encore Gérard Vivès, qui reconnaît que la gestion humaine est la raison principale de leur échec. À cela s’ajoutent le manque de financement des futurs habitants et leur refus de faire appel à des professionnels pour les démarches juridiques et architecturales. En décembre 2008, le permis de lotir est finalement accordé par la mairie, mais les candidats ont déserté… Seul, Gérard Vivès préfère aujourd’hui se concentrer, avec l’aide de deux architectes, à des ventes sur plan de 4 à 5 maisons écologiques, vendues clé en main, pour 250 à 300.000 euros…

Cazeneuve Montaut : le spectre de la secte

Depuis 2005, le projet de Cazeneuve Montaut dans le Comminges, épaulé par François Plassard, concepteur des éco-hameaux (lire interview), en collaboration avec la mairie, n’a pas non plus trouvé preneur auprès des locaux, qui ne voyaient pas d’un bon œil l’implantation de lotissements sociaux, même écologiques, tout comme l’arrivée d’une population « communautaire, qui ne se serait pas intégrée au village ». François Blanc, ex-coordinateur du projet, pointe lui « le manque de pédagogie des élus envers les habitants ».

Verfeil sur Seye : imbroglio judiciaire

À Verfeil sur Seye, près de Toulouse, depuis 2004, la situation est différente mais toute aussi bloquée. Soutenu par le conseil municipal, la préfecture, le Pays Midi-Quercy (le projet est inscrit dans sa charte de développement ainsi que dans sa charte paysagère), l’Ademe, la région Midi-Pyrénées, le CAUE (Conseil en architecture urbanisme et environnement), FNE 82 (France Nature Environnement de Tarn-et-Garonne), l’éco-hameau, pourtant en construction, se heurte à une association de voisins très procédurière. Cette dernière prétend que ces logements porteraient préjudice à ses propriétés et s’acharne à contester en justice toute décision municipale. Résultat : constructions suspendues et plus de 10.000 euros de frais de justice pour les acquéreurs. Des élus d’Europe écologie ont apporté leur soutien au maire, Daniel Durand, qui compte bien « se battre jusqu’au bout »… Dommage, c’est pourtant le projet le plus abouti en région. Peut-être sera-t-il devancé par l’éco-hameau d’Auzas dans le Comminges qui vient de se lancer dans les démarches depuis le mois de mars dernier ? Affaires à suivre.

  • En savoir plus :

- le blog de l’éco-hameau de Verfeil

6 Messages de forum

  • Éco-hameaux, pourquoi ça ne prend pas Le 3 avril à 13:56 , par kris

    Par principe je n’ai rien contre les éco-hameaux.

    Lorsqu’il s’agit de prendre en main un projet collectif et planifié de construction d’un petit quartier et de travailler finement son insertion à l’environnement, au paysage, son organisation interne, un parti-pris durable, un état d’esprit plus collectif et solidaire dans la conception et la gestion ... tout cela est forcément riche.

    Par contre, s’il s’agit de légitimer des programmes de logements au milieu de nulle part pour des populations périurbaines en quête d’un bout de campagne pour résider, en somme si on continue la pratique de l’étalement urbain avec un vernis écolo, cela me dérange beaucoup plus.

    A mon sens, un éco-hameau, tout comme un éco-quartier, doit en premier lieu être proposé avec un effort de localisation très important, au regard des populations accueillies et de leurs besoins. Je schématise mais mettre un éco-hameau loin de toute ville ou village et le destiner à des familles avec enfants dont les parents travailleraient à la ville à 40 à 50 km de là est un contre-emploi total.

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  • Éco-hameaux, pourquoi ça ne prend pas Le 3 mai 2011 à 16:39 , par Frank

    Les éco hameaux il est devraient etre plus nombreux mais à mon avis surtout organisé dans des grandes villes où la pollution est importante, il faut montrer l’exemple en s’organisant au pires endroits. Au lieu de créer des grenelles qui ne servent à rien pourquoi pas des forom dans des villes concernés où chacun y prendrait part.

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  • Éco-hameaux, pourquoi ça ne prend pas Le 2 mai 2011 à 18:01 , par Alja Darribère

    Bonjour, Je vous invite d’aller voir sur mon site internet : www.measolle.com, où vous pouvez voir deux projets en cours (Cintenat et St Jean Chambre) et un projet établi (Measolle), en Ardeche. Pour des prix tout à fait abordable, afin de contrer la spéculation foncière, et même avec des possibilités pour ceux qui n’ont pas beaucoup d’argent, de rentrer en travaillant et en réduisant ainsi leur part, ces éco hameaux en cours ont la possibilité de réussir autant que Measolle. A Measolle tout n’est pas rose, le labeur est dur aménagement et construction des habitations), et bien sûr que les conflits sont inévitable. Mais pas invivable et insoluble. Moi même, j’y habite depuis un an et demie, et c’est formidable ! Pour évite les angoisses de la population existante, il a dès le départ très clair qu’il s’agit d’un projet laic et non-politique, et que l’intégration des nouveaux habitants est une chose très importante et doit être initiés par ces derniers. Par rapport à cela on peut dire que Measolle est très bien intégré à son village existant ; St Michel de Chabrillanoux. Pour les deux nouveaux projets, le seul problème me semble de trouver les acquéreurs (crise, faire connaitre le projet, etc), car pour les deux communes très dynamiques, l’intégration ne posera certainement pas de problème ; voulu par les conseils municipaux et beaucoup d’habitants, craint par personne, ce n’est que positif. Ça maintient l’effectif à l’école et aide ces communes de ne pas sombrer dans un état de "mort-vivant". De plus, même les jeunes du pays peuvent s’y intégrer grâce aux efforts de garder les tarifs d’entrée bas. Bon bref, pour ne pas trop allonger cet article, allez donc voir mon site internet ! A bientôt ! Alja Darribère

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  • Éco-hameaux, pourquoi ça ne prend pas Le 20 avril 2011 à 23:38 , par Alavetz

    Eh oui, les indigènes ne rêvent pas de l’implantation de kiboutz à côté de chez eux.

    Bizarre ?

    Moi ça ne m’étonne pas...

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  • Éco-hameaux, pourquoi ça ne prend pas Le 18 avril 2011 à 09:55 , par Demha

    Meme si cela va a l’encontre de ce que vous ecrivez, il existe un projet qui est en train d’aboutir :

    http://ecohameaudandral.over-blog.org/

    Bonne journée

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    • Éco-hameaux, pourquoi ça ne prend pas Le 18 avril 2011 à 21:32 , par Friture Mag

      Merci pour l’info ! L’objectif de l’article était de mettre en avant les difficultés pour mener à bien ces projets. Mais quand ceux-ci aboutissent, nous sommes évidemment les premiers heureux !

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