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Sortie du N°20 "Culture et (in)dépendances"

2 janvier 2014

Friture Mag consacre dans ce nouveau numéro (64 pages, couleur, nouveau papier journal, 6 euros) un large dossier dédié aux questions de "Culture et d’indépendances" : subventions, politiques culturelles des collectivités, financements, autonomie, nouvelles technologies, crise du théâtre, mécénat... nous abordons tous ces sujets.


Friture Mag consacre dans ce nouveau numéro (64 pages, couleur, nouveau papier journal, 6 euros) un large dossier dédié aux questions de "Culture et d’indépendances" : subventions, politiques culturelles des collectivités, financements, autonomie, nouvelles technologies, crise du théâtre, mécénat... nous abordons tous ces sujets.

Sortie le 2 décembre

Les abonné-e-s recevront ce nouveau numéro par courrier dans le courant de cette semaine.

EDITO

« La Culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur la terre ». Dans les années 50, Malraux veut donner sa réponse à l’existence de l’art face à un monde qui commence à être dominé par la machine. « Nous croyons savoir depuis quelques siècles que l’oeuvre d’art survit à la Cité et que son immortalité s’opposerait à la misérable survie des dieux embaumés, or ce qui apparaît c’est la précarité de la survie artistique, son caractère complexe ». On peut considérer que son empreinte a été déterminante en France pour placer la culture au-dessus des dieux, de la modernité et de la mort : Maisons de la culture, création de l’avance sur recette pour le cinéma, de l’Inventaire général du patrimoine culturel, défenseur infatigable du rayonnement (exception ?) de la culture française dans le monde... le ministre de l’art piloté par l’Etat se plaçait à l’époque dans une démarche d’« Education populaire ». L’art pour tous afin de « rendre accessibles les plus grandes oeuvres au plus grand nombre d’hommes ». Pari gagné ? Cinquante ans plus tard, nous avons tous la tête penchée sur nos ordinateurs, la télévision engloutit le temps libre, les galeries ferment une à une et bien malin serait celui qui comprendrait quelque chose à l’art contemporain. Mais dans le même temps il n’y a jamais eu autant de livres, de groupes de musique, de petits théâtres indépendants ou de festivals fleurissant sur les territoires.

Ce n’est pas à une analyse exhaustive de la place de l’art dans son époque à laquelle nous nous livrons ici, ce serait bien prétentieux et inutile, mais plutôt à une photographie, éphémère elle aussi, des moyens économiques mis à sa disposition sur un territoire. Financements publics, politiques culturelles des collectivités locales, élitisme/culture populaire, émergence du mécénat et des nouvelles technologies sont quelques-uns des thèmes que nous abordons dans ce nouveau dossier. Il est évident, que dans le sillage de Malraux, tous les responsables politiques, à tous les niveaux, utilisent la culture et lui allouent des moyens importants pour marquer de leur sceau leur passage aux affaires. « Capitale européenne de la culture », construction de Musées, soutiens aux festivals, saupoudrage des subventions ou véritable dialogue avec les acteurs, la ville est devenue le conclave actif de la vie artistique. Comme à notre habitude, nous essayons de dresser un « état des lieux » des différents circuits de financement ou de vision politique, sans oublier dans une seconde partie de donner la parole à celles et à ceux qui veulent vivre leur liberté de créer hors des sentiers balisés. Car la création est avant tout acte de liberté.

A ce propos, Friture Editions a évolué cet automne et fonctionne désormais avec un site payant réservé aux abonné-e-s. Ce n’est pas pour nous une façon de rendre la lecture élitiste, mais plus prosaïquement de financer nos publications. Car sans pratiquement aucune subventions, notre petite équipe ne vit son indépendance que par ses abonnements, un peu de pub dans le magazine papier et de ses ventes. « Les artistes sont confrontés à une crise de l’emploi sans précédent et ce alors même que la pratique culturelle n’a jamais été aussi forte. », nous dit un acteur culturel dans ce numéro. Nous ne pouvons qu’approuver.

Philippe Gagnebet

Le Sommaire

Pages 4 et 5 : AVANT-PROPOS par Myrtille Visscher
Pages 6 et 7 : Nouvelle – Les choix de Friture Mag
Pages 8 et 9 : ACTUS – Spanghero, six mois après
Pages 10 : ACTUS – L’ESS en plein dilemne
Pages 12 ET 13 : ACTUS – Airbus et l’argent public
Page 14 et 15 : ACTUS – Les Pyrénées inondées d’Euros
Page 17 : ACTUS – Kokopelli en Ariège
Pages 18 et 19 : ACTUS – Vers une nouvelle PAC
Pages 20 et 21 : ACTUS – Le renouveau de la musique occitane

DOSSIER CULTURE : L’ÉTAT DES LIEUX

Pages 24 ET 25 : GRAND ENTRETIEN – Franck Lepage-Gesticuleur
Page S 26 ET 27 : L’ÉTAT DES LIEUX – lettre ouverte aux responsables politiques
Page 28 : L’ÉTAT DES LIEUX – La DRAC, mode d’emploi
Page 30 : L’ÉTAT DES LIEUX – Montpellier et ses équipements
Page S 32 ET 33 : L’ÉTAT DES LIEUX – Kulturewashing à Toulouse ?
Page S 34 à 37 : L’ÉTAT DES LIEUX – Soulages fait sortir Rodez du noir
Pages 39 : REPORTAGE – Au temps des librairies
Pages 40 et 41 : Pages ouvertes
Pages 42 et 43 : Télex

DOSSIER : LES POSSIBLES

Page 46 : LES POSSIBLES – Vilar et le peuple
Page 47 : LES POSSIBLES – Culture et territoires ruraux
Page 48 : LES POSSIBLES – L’histoire d’Africajarc
Page 59 : LES POSSIBLES – Page ouverte : René Duran
Pages 50 à 52 : LES POSSIBLES – Ici et là
Page 53 : LES POSSIBLES – Comment Utopia a construit son succès
Pages 54 et 55 : PAGE S OUVERTES – Le mécénat, poule aux oeufs d’or ?
Page 57 : PAGE S OUVERTE S – Portrait, Jean-Philippe Fedier
Pages 58 et 59 : LES POSSIBLES – Internet change la donne
Page 60 et 61 : LES POSSIBLES – La musique qui dure des cafés-culture
Page 62 et 63 : Livres, les choix de Friture Mag


Les points de vente : où acheter Friture Mag ?

  • TOULOUSE - Haute-Garonne

Maison de la presse Square Jardin du Capitole Toulouse
Local Friture Mag 9, rue de l’Etoile 31000 Toulouse
Le Recantou 42, rue des 7 Toubadours 31000 Toulouse
Librairie Ombres Blanches rue Gambetta Toulouse
FNAC Wilson (rayon régionalisme) Toulouse
Biocoop Allées Jean Jaurés Toulouse
La cantine numérique 27 rue d’Aubuisson 31000 Toulouse
Bioccop Purpan 301, avenue de Grande-Bretagne Toulouse
Le Bijou Avenue de Muret Toulouse
Le Txus 9,Rue Saint-Charles Toulouse
La Maison Blanche 10 rue Arnaud-Bernard Toulouse
Chez Ta Mère rue des 3 Piliers Toulouse
Tabac Presse Place du Salin Toulouse
Cinémas Utopia Toulouse et Tournefeuille
Librairie Floury frères. 36, rue de La Colombette 31100 Toulouse
Librairie Terra Nova 18, rue Ga mbetta Toulouse
Restaurant Vélo Sentimental 1 Bd Bonrepos (face à la gare Matabiau) Toulouse
Chez Navarre 49 Grande Rue Nazareth
Librairie L’autre rive 24 avenue Etienne Billières 31300 Toulouse
Librairie La Renaissance 1 Allée Marc Saint-Saëns 31100 Toulouse
Local 2Bouts Friture 22, place du salin 31000 Toulouse
Artisans du Monde 1 rue Joutx Aigues 31000 Toulouse
Etymôn 36 Rue Bernard Mulé 31400 Toulouse
La Chapelle, 36 rue Danielle Casanova à Toulouse
Bar La Loupiote 39 Rue Réclusane 31300 Toulouse
Bar Le Zinzolin 26 Rue des Couteliers 31000 Toulouse
Médecins du Monde 5 Boulevard Bonrepos 31000 Toulouse
Brins d’Herbe 24, place Dupuy 31000 Toulouse
Librairie Ellipses 251 route de Narbonne 31400 Toulouse

HAUTE-GARONNE

La presse de Diane 151 route de Toulouse 31270 Cugnaux
Librairie La préface 35-37 allée du Rouergue 31770 Colomiers
Librairie La Litote 2 Rue Charles de Gaulle, 31190 Auterive
Bioccop Grandeur Nature Route de Baziège 31670 Labège
Biocoop Bio L’Union 2, rue d’Ariane 31240 L’Union

  • AUTRES DÉPARTEMENTS

ARIEGE
Librairie Le Bleu du ciel 15, rue Victor Hugo 09100 Pamiers
Biocoop Mirabelle 20, rue st Vincent 09000 Foix

AUDE
Biocoop Tournesol Rue Chaptal ZAC Les Graves 11000 Carcassonne
Librairie Mots et compagnie 35, rue Armagnac 11000 Carcassonne
Biocoop Floréal 11300 Limoux

GERS
Librairie Tartinerie LIRES Au village 32120 Sarrant
Biocoop Les jardins d’Augusta 32000 Auch
Les petits papiers Librairie 22, rue Dessoles 32000 Auch
Le Migou Librairie 27, rue Dessoles 32000 Auch

HERAULT
Librairie l’Echappée Belle Rue Gambetta 34200 Sète

LOT
Biocoop Cahors 356 Chemin de Belle Croix 46000 Cahors

TARN
Café Librairie Plum 81440 Lautrec
L’ibère familier- Café associatif Avenue Amiral Jean Jaurès 81300 Graulhet

  • BORDEAUX

Librairie Mollat 5 Rue Vital Carles 33080 Bordeaux
La Machine à lire 8, place du Parlement - 33000 Bordeaux -
Le Garage Moderne 1 Rue Etrangers 33300 Bordeaux


1 - L’art sera-t-il une évolution logique de l’art d’aujourd’hui ?
2 - L’art sera-t-il international, cosmopolite, autochtone ?
3 - L’art sera-t-il assimilé par la culture donc l’émanation d’une pensée dominante ?
4 - L’art saura-t-il toucher tous nos sens en même temps ?
5 - L’art sera-t-il des idées, des sensations, des sentiments, des obsessions ?
6 - L’art sera-t-il obligatoire et banalisé ?
7 - L’art sera-t-il questionnements, solutions-réponses, expérimental, ornemental ?
8 - L’art sera-t-il libre, domestique ?
9 - L’art sera-t-il individuel, collectif, égocentrique, anonyme ?
10 - L’art sera-t-il un retour en arrière ?
11 - L’art sera-t-il une thérapie ?
12 - L’art sera-t-il socialiste, capitaliste, révolutionnaire, anarchiste, poétique ?
13 - L’art sera-t-il une quête du beau et de l’harmonie ?
14 - L’art sera-t-il un engagement, un refus, un refuge ?
15 - L’art sera-t-il gratuit ou objet de commerce et de spéculation ?
16 - L’art sera-t-il populaire, élitiste, pour les pauvres, pour les riches ?
17 - L’art sera-t-il révisionniste de l’histoire de l’art ?
18 - L’art sera-t-il technologique, écologique, humaniste ?
19 - L’art sera-t-il courageux, héroïque, non violent, existentiel ?
20 - L’art existera-t-il sans le nouveau ?
21 - L’art sera-t-il considéré comme une imposture ?
22 - L’art sera-t-il concept, stratégie, produit fini, "Approximatif et Négligé" ?
23 - L’art sera-t-il mystique, sacré, matérialiste ?
24 - L’art sera-t-il tyran, victime, rescapé ?
25 - L’art existera -t -il sans les médias, luttera-t-il contre eux, sera-t-il lui-même un média ?
26 - L’art déclenchera-t-il des "Guerres Culturelles" ?
27 - L’art s’inspirera-t-il de l’art, de la vie ?
28 - L’art sera-t-il l’académisme de l’art précédent ?
29 - L’art sera-t-il absence d’art ?
30 - L’art sera-t-il spécialisé, universel ?
31 - L’art changera-t-il les critères d’art et d’artiste ?
32 - L’art sera-t-il un travail, un loisir, un combat ?
33 - L’art sera-t-il « Articide » ?

Voir en ligne : http://www.frituremag.info/La-revue...

16 Messages de forum

  • 33 questions sur l’art de demain Le 20 novembre 2013 à 13:14

    L’art n’est pas que ce qui se vend, et heureusement, c’est une idée qui dépasse toutes les subventions, galeries, marchés etc. Quoiqu’il arrive, l’art marchand ne pourra pas déplacer l’art tout court. Celui-ci n’est pas forcément sur l’avant-scène de la société marchande, et on peut le trouver partout, donc il est local, dans son acception la plus pure, et même souvent secret. Les subventions, ça peut aider ou desservir, selon l’usage qu’il en est fait. Les marchés, par contre, ça pourrit tout, et cet art aristo réservé aux archi-riches, c’est une sphère où peut-être, quand les œuvres redeviendront publiques, si ça arrive un jour, on pourra y reconnaitre une pensée artistique, mais peut-être que même pas. De n’avoir été regardées que par des gens chicos et suffisants, elles auront perdu toute signification et tomberont dans l’oubli des réserves de musées. En attendant, elles sont inaccessibles, donc on s’en fiche. Pas d’inquiétude, donc. L’art en a pour longtemps, si l’humanité réussit à survivre aux conneries d’une petite partie d’elle qui s’est approprié le monde. Ce n’est pas l’art, qui est en péril, c’est tout. L’humanité mais aussi le reste des organismes vivants. L’art alors, ce sera peut-être de rester vivants et de permettre la vie, tout bonnement.

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  • 33 questions sur l’art de demain Le 7 novembre 2013 à 14:18

    Salle de réception du stade de Balma

    Entrée libre

    Invité : Samuel Balti

    Chercheur au LISTT

    Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires

    « La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. » UNESCO Mexico City, 6 août 1982.

    Chacun incarne une partie des cultures qui lui ont permis de se construire à travers une histoire personnelle. Mais la culture est aussi un bien collectif qui se perpétue sur un territoire et évolue en fonction des contraintes économiques et des politiques publiques. Sur un territoire donné plusieurs cultures peuvent cohabiter et l’indispensable diversité ne doit pas faire obstacle à l’élaboration d’une culture commune qui permet de vivre ensemble. Les récentes déclarations de Manuel Valls sur le supposé refus d’intégration des Roms, qui vivent pourtant depuis mille ans comme peuple semi nomade en Europe, reposent douloureusement la question. Le dépérissement de la nation ne s’est pas accompagné de la création d’une forte identité européenne. Les nombreux replis identitaires que l’on peut observer constituent le principal échec d’une Europe qui a trop privilégié la construction d’un libre marché économique. Faire un espace de solidarité à partir d’une si grande diversité culturelle aurait nécessité une très grande volonté politique et certainement une moins grande rapidité d’élargissement. Le refus de l’immigration et l’intolérance à l’islam n’est plus l’apanage de l’extrême droite. "A chacun son territoire et sa culture" est un discours qui, au nom du pragmatisme, pointe son nez dans la plupart des grands partis et trop souvent la diversité culturelle n’est plus présentée comme un atout, mais comme un danger.

    La partie de la culture que l’économie mondiale a réussi à transformer en banal produit de consommation ne fait peur à personne. Cette part de la culture qui permet de générer des richesses est considérée comme un des moteurs de l’économie et les politiques publiques sont invitées à favoriser tous les événements et toutes les initiatives qui participent de la logique de l’attractivité des territoires. La culture comme atout de compétitivité semble le nouveau paradigme du développement des métropoles, mais la production standardisée de biens culturels consommables partout dans le monde n’est certainement pas la bonne réponse aux inquiétudes identitaires.

    En France Malraux et les ministres qui lui ont succédé ont construit une politique culturelle sur un modèle descendant : permettre aux classes populaires de découvrir le patrimoine culturel légitime des classes aisées. Jack Lang a réussi à donner un peu de légitimité à des formes culturelles moins classiques, mais en gardant une politique de label qui laisse beaucoup de marge de manœuvre aux politiques et aux fonctionnaires en charge de la culture. La décentralisation a changé la situation, le budget du Ministère de la Culture ne représente guère plus que le quart des dépenses publiques affectées à la culture, le reste vient des différentes collectivités locales. Si la dépense dans le secteur de la culture représente d’après l’INSEE un peu plus de 5% du PIB, la dépense publique n’y participe que pour 0,6%. Malgré leur forte capacité d’impulsion les politiques culturelles ne sont pas en capacité de contrebalancer les effets négatifs liés à l’inégalité sociale. Une analyse plus fine des budgets peut même conduire à se demander si les politiques culturelles nationales ou locales ont réellement cet objectif.

    La volonté de promouvoir une culture de qualité n’a-t-il pas servi de justification à une politique qui favorise largement le conservatisme culturel et social ? Si dans une démocratie représentative la responsabilité des élus est importante, n’est-il pas pour autant de leur responsabilité de mettre en place des mécanismes ascendants pour adapter l’offre à la demande citoyenne ? Si les logiques libérales poussent à valoriser la valeur d’échange de la culture (valeur marchande, attractivité territoriale, compétitivité économique) ne faut-il pas que les politiques publiques défendent plus clairement la valeur d’usage de la culture, dont la nécessité est évidente pour tous ?

    L’importance de la politique culturelle ne se résume pas loin de là, à la hauteur de l’engagement budgétaire. Les élections municipales et européennes qui viennent sont l’occasion de réfléchir en profondeur à ce que doit être une politique culturelle réellement démocratique.

    Cultures, territoires et politique.

    Lundi 25 novembre 20h45 Salle de réception du stade de Balma

    Entrée libre Invité : Samuel Balti Chercheur au LISTT Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires

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  • 33 questions sur l’art de demain Le 2 novembre 2013 à 14:28

    A PROXIMITÉ EN ART - HYPOTHÈSE PAR RENÉ DURAN

    La proximité en art est peu mise en avant, peu débattue. Pourtant elle compte. Étant donné :

    que la proximité en art peut avoir une convergence avec les actions écologistes et localistes, par exemple les échanges sociaux, commerciaux de produits en circuits courts.

    que ce qu’on nomme École fonctionne beaucoup par une relation suivie de voisinage entre créateurs, critiques, proches, regardeurs. Côté art plastique, il y a des Écoles de l’époque des Impressionnistes et par exemple l’École de Nice ou l’École de Rodez, toujours là, révélée par Fèliç Castan. Côté rock and roll, ressort une trentaine d’années auparavant l’émergence de courants similaires sur Bordeaux et Le Havre. Côté littérature, il faut souligner dans l’après-guerre le noyau de Carcassonne avec des écrivains en langue d’oc, d’autres en langue française, plus de peintres, sans oublier, à un moment, les revues à Marseille.

    que les gens du coin aiment voir où sont leurs créateurs, même leur avant-garde malgré qu’ils ne l’appellent pas comme ça.

    que donner des chances à des créateurs d’ici peut leur permettre de s’affiner grâce à la continuité qui en découlerait, laquelle actionne une potentialité. La critique a un rôle à jouer, en dehors de ça celle-ci ne peut pas éviter de s’informer d’une certaine façon à son niveau par rapport à la situation artistique internationale dans son ensemble tout en gardant un pied dans la proximité.

    que la création artistique, grâce à une énergie dans un secteur donné, a la possibilité de stimuler l’économie davantage que la diffusion de l’art parachuté.

    que le relationnel suivi au sein d’un environnement est souvent nécessaire à ceux qu’on appelle artistes de survie. Je pourrais donner des exemples.

    que les créations d’ici en langue française, en langue d’oc, dans des langues immigrées malgré différentes problématiques, peuvent avoir une stratégie commune.

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  • L’irruption et la puissance de nouveaux collectionneurs hyper-milliardaires ont bousculé un marché de l’art contemporain jusque-là orchestré par un petit réseau de professionnels. De nouveaux gisements artistiques, de nouveaux artistes à vocation mondiale, des montants financiers démesurés sont les fruits d’une spéculation intense : quels en sont les véritables enjeux ? Qui en sont les acteurs ? Quelle place pour la créativité des artistes ? De New York à Hong Kong, de Singapour à Miami, de Shanghai à Doha en passant par Bâle et Venise, la réalisatrice Marianne Lamour et les auteures, Danièle Granet et Catherine Lamour, sont parties à la découverte de ce monde en pleine mutation vers une nouvelle société de l’Art globalisé sans en cacher ni les outrances, ni les errements.

    LA RUEE VERS L’ART : Bande Annonce du film Documentaire Réalisé par Marianne Lamour Ecrit pas Danièle Granet et Catherine Lamour Date de sortie au cinéma : 16 octobre 2013

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  • 33 questions sur l’art de demain Le 14 octobre 2013 à 15:18 , par Mathius Shadow-Sky

    J’aime bien les questionnaires, mais là, au fond, avec vos questions, les réponses importent peu. S’il y a demande de prévision par questionnements, c’est qu’il existe une inquiétude. L’inquiétude rapporte un état présent en perdition, dont les faux artistes ne font plus les bénéfices. Est-ce cela la « crise de la politique culturelle » ?

    Si Michel bataille son inquiétude, mieux vaut qu’il s’inspire de Georges qui ne Bataille pas, mais a joui du présent. Demain je serais mort, je préfère vivre l’instant et laisser le futur aux prochaines générations qui s’occuperont de leur temps et de leur art. En attendant, maintenant dans mon temps, sans trop de moyens, je crée librement.

    Est-ce la retraite du gouvernement-maître qui affole les artistes-esclaves ? Plus d’argent pour ces « artistes ». Il n’y aurait jamais dû en avoir. La corruption par l’argent est puissante, elle achète et gâche des milliards de vies. Mais nous savons tous (du moins les artistes authentiques qui réfléchissent) que nous n’avons pas besoin des politiciens pour vivre et pratiquer notre art, ce qui dans l’autre sens n’est pas vrai. Un gouvernement sans artistes est un gouvernement sans existence. La fausse gloire gouvernementale doit être peinte, sculptée, architecturée, musicalisée, etc. Si l’artiste se plie à ce genre d’exercice, c’est qu’il corrompt sa liberté : il répond à la commande et devient une entreprise et perd sa raison d’artiste. Il devient un décorateur de gloriole économico-politique où s’immisce la médiocrité. Un art soumis ne peut être qu’un art médiocre. Lâcher sa démarche pour obéir aux ordres d’un autre, c’est se lâcher soi-même : sans être là, il est difficile de se concentrer sur son travail de création (qui n’est jamais facile).

    Les artistes, comme chacun, ont besoin de manger, de se loger, mais avec en plus, un atelier pour travailler. Si aucune politique ne c’est penché sur cette nécessité, c’est que cette « nécessité » reste pour elle secondaire. Une politique culturelle sert à obtenir une masse publique qui acclame et non à donner des moyens aux artistes. Et qui, pour cela cherche à soumettre et humilier les artistes ? sinon le politique. Depuis le processus de privatisation du gouvernement, antérieur aux privatisations des services publics, les ministres (du latin classique « minister » qui signifie : serviteur) se comportent comme des empereurs (imaginons les hauts fonctionnaires au SMIC voire au RSA, ces parasites gouvernants ne valent guère mieux) et se sont approprié l’argent public pour leur propre jouissance : des grandes fêtes et des cocktails ininterrompus payés par l’argent public. Les commandes d’Etat désintéressées aux artistes, se sont réduites à une peau de chagrin aussi par incompétence, comparées aux dépenses festives destinées au groupe de leurs connaissances : celles et ceux qui s’agitent dans le vide des mondanités privées : des parasites de l’art et de l’Etat, courtisanes et courtisans divertis par les millions publics.

    D’année en année, la technicité de l’incompétence de spécialistes de la culture, c’est amplifié pour se faire croire être dans le vrai de l’action culturelle. Une pure agitation vide. Aujourd’hui, il y a plus d’agents de la culture que d’artistes authentiques. Nous avons déjà parlé des parasites gouvernants qui se complaisent dans les commémorations : le prétexte aux dépenses de la fête, mais pas de l’art. Une politique culturelle est une tentative (réussie) de corruption de l’art (de l’art corrompu). L’art officiel et institutionnalisé pour lequel des sommes d’argent démesurées ont été dépensées pour le prestige. « Prestation » qui paye plus le technicien, rarement l’artiste, sauf s’il arrive à coincer le politique de l’organisation pour fraude, mais le combat juridique est perdu, l’artiste n’a pas de quoi corrompre les fonctionnaires de la justice comme les politiciens. Les « aides (sic) financières » étatiques pour l’art sont tellement ridicules que les rejeter ne change rien, sauf à ne pas perdre son temps à remplir des dossiers inutiles. En France, le travail artistique ne se finance pas, il s’achète gratuitement pour le prestige. Depuis toujours, depuis Lao Tseu, les artistes ont décrié l’hégémonie étatique de gouvernants politiques et religieux soutenue par les financiers. La réconciliation entre politique et artiste à laquelle j’ai cru en 1981 à Paris et en 2008 à Toulouse reste un leurre. Pour le politique, il demeure qu’usurper la gloire de la postérité à l’artiste qui va s’inscrire dans les livres d’histoire est essentiel. Le fond du noeud est là : une jalousie du règne constituée d’avidité par incompétence volontaire d’être soi et de le faire payer à ceux qui sont vraiment : les artistes authentiques. C’est con hein ? Tant de misères, que pour ça.

    Da capo

    Les arts se sont fait toujours prendre en otage par les sociétés. C’est-à-dire de garder les artistes dans la misère et de profiter de leurs oeuvres. Pourtant les arts sont le garant de l’équilibre du sens et de la sensibilité de nos sociétés humaines et le principal fournisseur d’occupations pour les humains désoeuvrés sur la planète. Une société sans artiste n’existe pas, si oui elle est en état de perdre le sens même de son existence et meure de toute façon. Les artistes par leurs oeuvres sont les garants d’une société humaine équilibrés. Ils l’alimentent de sens. Leurs ouvrages alimentent la vie humaine de sens. Les artistes sont les gardiens et les producteurs de l’imaginaire nécessaire à tous qu’ils génèrent à travers leurs oeuvres (les sciences et la philosophie sont aussi des arts) réfléchies et senties. Les arts alimentent aussi la phénoménologie de la perception humaine du monde et posent par ses re-présentations : le sens de l’homme dans le monde. Je dirais même sa musicalité. Sans arts les humains seraient égarés. Une politique culturelle va à l’encontre de tout cela. Puisque sont dessein est de dominer, contrôler, organiser ce qui par essence est libre.

    Mathius Shadow-Sky

    pour le sens du mot culture : http://centrebombe.org/livre/app.10.html

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  • 33 questions sur l’art de demain Le 11 octobre 2013 à 12:27 , par JJ Valencak

    Michel Battle a mis des points d’exclamations à la fin d’affirmations, oui l’art est tout celà. C’était d’ailleurs déjà dans Articide, la revue du même Battle dans les années 90. Cette suite de questions illustre les lignes de fracture profondes qui agitent le "milieu", pas vraiment le public. À ce sujet, la politique publique de la culture depuis Malraux, et particulièrement dans les arts plastiques, tend à des programmations budgétivores déconnectées du public, laissant peu de place aux acteurs locaux (cf Marseille 2013). On est loin des notions de critique de proximité (cf René Duran) et de ce qu’on pourrait nommer le développement d’une écologie de la culture, favorisant les "circuits courts" par la programmation d’artistes locaux de qualité, des résidences d’art participatif, de l’éducation populaire. JJ Valencak

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  • 33 questions sur l’art de demain Le 11 octobre 2013 à 12:16

    mardi 22 octobre 2013 - 17:30 Toulouse et ses cultures, so what ? #2 rencontre publique

    Après une première rencontre le 17 septembreavec le fil conducteur "qui fait la culture, avec qui et pour qui ?", nous vous invitons, une deuxième fois, mardi 22 octobre, à échanger sur la culture, les dynamiques artistiques et culturelles, les politiques culturelles à l’oeuvre à Toulouse, depuis 2008. Nous poserons un regard axé cette fois sur les relations au(x) territoire(s), aux relations entre eux, à leurs articulations.

    - Salle Osète, espace Duranti, 6 rue du Lieutenant-Colonel Pélissier (métro Capitole) - entrée libre dans la limite des places disponibles

    Toulouse, la culture dans mon quartier, ma ville, ma métropole, ma métropole européenne... ? La culture, où et à quelles échelles ?

    Quel rééquilibrage entre quartiers, en termes d’équipements mais aussi de traitement des territoires et des personnes (artistes, opérateurs, publics) qui y sont installées ? Quelle approche renouvelée des relations art/territoires/populations ? Comment l’urbain façonne l’identité culturelle de Toulouse, et vice-et-versa ? Quel usage des espaces publics ? Quelles articulations Toulouse/Toulouse Métropole, et quelles complémentarités avec les autres échelons territoriaux (Département, Région, Etat, Europe) ? Quelle image culturelle pour la ville de Toulouse à l’extérieur, et quelles réalités : attractive et créative versus solidaire, équilibrée, et participative ?!


    Après avoir commencé à échanger en interne, les membres du Couac, Collectif Urgence d’Acteurs Culturels (www.couac.org) vous invitent à ouvrir largement le débat sur la période 2008-2014 correspondant au mandat en cours. L’objectif pour le Couac est de poser un regard sur la situation présente, pour dans un second temps, élaborer un certain nombre de propositions/préconisations. De nouvelles rencontres se tiendront début 2014, nous y inviterons formellement les candidat-e-s aux prochaines élections afin de débattre publiquement avec eux sur les bases que nous aurons construites au préalable.

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  • 33 questions sur l’art de demain Le 10 octobre 2013 à 17:52

    Des plasticiens, volant de leurs propres ailes

    Bonjour,

    Nous avons pris connaissance de la réaction d’une lectrice de Friture concernant la pétition liée à la commande du "Minotaure" passée à François Delarozière ; elle dit : "Dans le même ordre d’idée, les Plasticiens Volants bénéficient d’aides européennes, et c’est tant mieux..." (http://www.frituremag.info/Home-Pag...)

    Je prends contact avec vous pour démentir ce propos. Plasticiens Volants a bénéficié, via la Communauté de Communes Tarn et Dadou lors de notre installation dans une ancienne mégisserie à Graulhet, d’une subvention européenne pour la réhabilitation et la dépollution du site, en 1999, l’achat ayant été financé par un emprunt remboursé par l’activité de la compagnie depuis. Une seconde fois, en 2004, l’UE a accompagné un projet exceptionnel, dans le cadre du « Feder ». Par ailleurs, nous n’avons eu, depuis la création de la compagnie (plus de 35 ans), que quelques subventions ponctuelles accordées par la Drac, la Région et le Conseil Général du Tarn, représentatnt moins de 3% de l’ensemble de nos budgets.

    Notre activité artistique et nos créations n’existent que par la vente de nos spectacles. La compagnie fait vivre des permanents, des intermittents... elle crée des spectacles, du rêve, de l’émotion...elle continue, elle subsiste... mais jamais, elle n’a été soutenue de façon continue et conséquente.

    Cela peut surprendre beaucoup de personnes dans le milieu artistique et parmi nos spectateurs, mais c’est la stricte réalité.

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  • 33 questions sur l’art de demain Le 10 octobre 2013 à 12:56

    Un exemple d’un artiste, un vrai ? ; qui a beaucoup travaillé et produit sur ces questions...

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    • 33 questions sur l’art de demain Le 13 octobre 2013 à 08:14 , par Léna Storm

      Ah ah aha ah ! Ben l’artiste sic choisi par Toulouse comme le nec plus ultra de l’ émotion esthétique (n’oubliez pas, l’art c’est D ABORD une émotion humaine qui produit des émotions humaines) l’affairiste Ben,c’ est la vérité de l’art actuel. Bien vu. POGNON, POGNON.

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