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Emision radio

Djé Balèti et Jayanah dans Les Bambous

19 mars 2014


Au programme de cette nouvelle émission, rencontre et interview de Djè Balèti et Jayanah.
Avec la vie, les racines de Djé Balèti se parent d’autres couleurs : le rose de sa ville d’adoption, Toulouse, ses héritages occitans, les rêves de cette « Linha Imaginot » des Fabulous Trobadors. Toujours entre deux cultures, le « cul entre deux chaises », Djé ? « Disons que je peux choisir sur laquelle je m’assoie… », rigole-t-il.
Son nouvel album sort le 31 mars.

Depuis leur formation fin 2011, Jayanah offre un Roots Reggae riche et enivrant, et transmet une énergie musicale positive. Le groupe délivre des compositions aiguisées, inspirées par la Black Music, transportant à chaque concert le public dans un univers singulier où l’unité est reine. Depuis 2012, les Albigeois ont sillonnés la France de long en large en ayant réalisé plus de 100 concerts pour diffuser leur musique et leur message

Djé Balèti et Jayanah dans Les bambous by Bambous Fmr on Mixcloud

Au commencement, il y a deux aires géographiques, la Méditerranée et les Caraïbes, deux régions métissées fort éloignées l’une de l’autre, qui fusionnent dans les veines de Jérémy Couraut, fondateur et leader de Djé Balèti. Un père d’origine cubaine né à Caracas, une mère aux racines siciliennes et tunisiennes, élevée au Venezuela : ses parents, hippies, l’entraînent dans tous leurs voyages.

Il a six ans : la tribu pose enfin ses valises à Nice. Dès lors, la question de l’identité ne cesse de le hanter. « Qui suis-je ? », (se) demande-t-il, inlassablement. Pour résoudre l’énigme, il faudra des quêtes multiples, d’infinis voyages, ponctués d’un exil parisien : « Avec la distance, j’ai perçu d’où j’étais, dit-il. De Nice, terre où j’avais vécu le plus longtemps ; de cette ville, que j’ai fui en courant ; de cette cité aux accents méditerranéens qui parlent fort en moi ». Pas la Nice abîmée par le « pognon » et les « promoteurs immobiliers », non ! Plutôt « Nissa la bella », aux fières allures italiennes, la Nice d’un carnaval tellurique et païen, la Nice brouillonne et gouailleuse, où se croisent en toute anarchie une Russe friquée, griffée Chanel, et un Napolitain venu œuvrer sur le port ; la Nice de la « lingua franca », cette langue antique de la mer, qui fait claquer ses sonorités et sa musique. Avec la vie, les racines de Djé Balèti se parent d’autres couleurs : le rose de sa ville d’adoption, Toulouse, ses héritages occitans, les rêves de cette « Linha Imaginot » des Fabulous Trobadors. Toujours entre deux cultures, le « cul entre deux chaises », Djé ? « Disons que je peux choisir sur laquelle je m’assoie… », rigole-t-il.

Sa quête d’identité, Jérémy l’accomplit en musique. A la source, il y a, bien sûr, les vinyles de ses parents : Hendrix, Led Zeppelin, les Stones… Au fil du temps, il tente de s’émanciper, de définir sa propre bande-son, de trouver sa voie. Serait-ce le blues ? « Quand j’ai entendu dans une rue de la Nouvelle Orléans une chanteuse donner corps à son quotidien, conter l’histoire de ses ancêtres avec ses tripes, j’ai renoncé à la copier. Je me suis dit que je devais aller plus loin en moi, chercher la source ».. Jérémy reprend alors la route, bourlingue à la recherche de son idéal musical : il joue de la musique des Balkans, de la java parisienne, traîne avec des gnaoua, bosse dans une école de musique au Brésil, appréhende la musique du Sud de l’Inde…

Finalement, la réponse viendra d’un livre d’Annie Sidro, historienne du carnaval de Nice. Sur une gravure, au milieu des trompes énormes du mythique « Orchestre de la Vespa » (l’ « Orchestre de la guêpe »), un instrument à cordes : l’espina, une « épine », un « dard », un instrument allongé, au corps de calebasse, aujourd’hui disparu. Jérémy demande à Jérôme Desigaud, luthier, d’en façonner un. Lui-même l’électrifie. Il a trouvé son langage. « Sans les références liées à la guitare ou au saz, je jouissais désormais d’une liberté totale ! » Il lui faudra le mariage de deux rythmes, qui donnera le « pica doun pica » (traduction joyeuse : « ça tape où ça peut »), soit un mélange vagabond, en équilibre sur le temps, entre le ragga ou le côco toulousain et la tarantella italienne, si présente à Nice, pour être totalement émancipé.

Le trio Djé Balèti avec Frederic Mialocq à la batterie et Cyril « chewbabass » Celinain, à la basse, bouleverse les rapports scène-public : un chamboule-tout qui ne date pas d’hier ! Las de l’anonymat d’usage dans les concerts, de cette société de consommation qui transforme tout citoyen en spectateur passif, bouche ouverte dans l’attente de la « becquée » culturelle, Jérémy organise, dès la fin des années 1990, des bals endiablés (« balèti », en occitan) et accompagne, à la fin des années 2000 « Bombes 2 Bal » et « Familha Pastorelli » (Gigi de nissa).

Entre concerts, bals, carnavals… autant de mouvements cathartiques, pour se libérer des pressions sociétales et appréhender une façon de mieux vivre ensemble !

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