Identifiants personnels



Retour à l'accueil > Pages Ouvertes > EIL : un projet d’éco-industrie locale

Biens communs

EIL : un projet d’éco-industrie locale

4 novembre 2015


Par Georges Dhers.
Docteur en économie, membre du collectif chargé de la création et animation du réseau de l’EIL.

EIL (Eco Industrie Locale) est un concept destiné à relocaliser la production des objets du quotidien dont la gouvernance est assurée par des collectifs de citoyens conscients des dangers qui nous menacent de façon croissante : chômage, inégalités, pollutions et épuisement des ressources naturelles... Nous souhaitons stimuler et orienter les énergies citoyennes vers la résilience en développant un modèle productif indépendant des marchés financiers, dont les richesses dégagées resteront en circuit court au service des emplois, de la solidarité, de l’équité sociale et de la protection de la nature.
Ce collectif a été créé par Luc Dando, ingénieur, qui possède un savoir-faire incontesté dans la conception des machines servant à produire des objets utiles, simples, robustes, réparables pour notre usage quotidien avec des matières premières locales et des compétences humaines locales. De tels systèmes de production locaux tendent à se développer dans le monde entier.

Tout comme Rob Hopkins a créé le Mouvement des Villes en Transition, présent aujourd’hui dans 54 pays et qui contribue à la résilience des socio-économies locales via la création de circuits courts agro-alimentaires, Luc Dando propose la création de circuits courts de production / distribution / consommation des objets que nous utilisons au quotidien, via la création d’un réseau de coopératives dans les « pays » (regroupements actuels de communes). Cf.
son livre « Vers une éco industrie locale : pour une réappropriation citoyenne de technologies durables ».
Des expériences au Brésil, au Pays Basque espagnol, en Catalogne, en Italie, dans les pays scandinaves, et même aux Etats-Unis ont montré que de tels réseaux de coopératives, quand elles travaillent ensemble, parviennent à créer un
marché local, à créer ou maintenir les emplois locaux, à refinancer les circuits locaux, et à préserver la planète puisque les objets fabriqués sont fiables, réparables et utilisent des matières premières essentiellement naturelles et
renouvelables.

Le système coopératif facilitera la mise en réseau des acteurs, leur fonctionnement en intelligence collective, et surtout la mutualisation des moyens matériels et humains. L’idée est de s’inspirer des coopératives espagnoles (comme Mondragon et la Coopérative Intégrale Catalane) et des coopératives sociales italiennes, dont Jacques Prades dit qu’elles montrent le renouveau possible du mouvement coopératif (cf. son livre sur L’utopie Coopérative).
Des dispositifs de communication créative et des ateliers d’entraide seront ainsi mis en place, et animés par nos soins. Les groupes projets qui émergent de ces dispositifs seront mis en réseau selon des critères d’affinités et complémentarités afin de créer des réseaux d’économie solidaire et circulaire pouvant couvrir un ou plusieurs départements de la région. Chaque groupe projet choisit lui-même le type d’activité qu’il veut développer, une coordination régionale (sous forme de SCIC par exemple) permet de les relier et facilite la mutualisation de leurs
moyens humains (groupements d’employeurs) et matériels-financiers (clusters solidaires) : c’est cette mutualisation qui rend le modèle économique viable, et surtout durable.

Une série de conférences interactives créatives visant à faire connaitre, associer et impliquer le maximum de citoyens est en cours de lancement. Tout citoyen, quel que soit son métier, son statut, ses compétences, pourra y participer et apporter son concours, qu’il soit technique, financier, gestionnaire, qu’il soit professionnel ou bénévole… . En effet le projet EIL, comme tout éco-système d’innovation, ne pourra vivre et se développer que si l’on crée autour de lui une puissante dynamique de co-création. Les réseaux de l’ESS, de la transition et du pouvoir citoyen seront certainement les pionniers de cette démarche.

Répondre à cet article

Le maga­zine papier tri­mes­triel existe depuis 2006. Vous trou­ve­rez ci-des­sous les numé­ros de la nou­velle for­mule, avec les liens sur le som­maire, et autant de dos­siers thé­ma­ti­ques com­po­sés de repor­ta­ges, por­traits, infos pra­ti­ques, port­fo­lios, entre­tiens... Tout ce qui fait le "ton" de Friture Mag.

Bon feuille­tage, bonne lec­ture.

  • Hors-série N°1
  • Numéro 14
  • Friture Mag N°15
  • Le N°16
  • Friture Mag N°17
  • Le magazine N°18
  • Canal hystérique - FritureMag - Le média des possibles
  • Friture Mag N°20
  • Friture Mag N°21 "Demain, ma ville"
  • N°23

A propos de FritureMag

Friture Editions
est soutenu par