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André PICOT est toxico-chimiste, Directeur de recherches honoraires CNRS, Expert français honoraire auprès de l’Union européenne pour les produits chimiques en milieu de travail et Président de l’Association Toxicologie-Chimie.
Voici ci-dessous quelques extraits et grandes lignes du rapport
"Comme les réserves de gaz naturel conventionnel (méthane…) décroissent inexorablement et pourraient être épuisées dans une soixantaine d’années, l’extraction des huiles et gaz non conventionnels emprisonnés dans du schiste ou hydrocarbures de roche-mère (roches sédimentaires) ou du charbon apparaît comme une alternative très séduisante pour plusieurs pays (Etats-Unis, Canada, maintenant l’Europe et dans l’avenir la Russie et la Chine)."
" Tout semble se passer comme si la zone de fracturation se comportait comme un réacteur chimique, dans lequel divers produits chimiques réagissent les uns sur les autres, le tout en présence de catalyseurs minéraux.
Ne pourrions-nous pas, par exemple, attendre la position de l’Agence Américaine de l’Environnement (EPA), dont les résultats d’une étude globale sur les impacts environnementaux et sanitaires, liés à ce type d’exploitation, ne seront clôturés et publiés qu’à la fin de l’année 2012 ?...
La fracturation dite hydraulique se fait par injection d’eau (2000 à 20.000m³ par cycle de fracturation) sous forte pression (plus de76MPa) avec du sable fin et des produits chimiques qui empêchent les fractures de se refermer
...
Le fluide injecté lors de la fracturation hydraulique est classiquement constitué d’un mélange d’eau (90% en volume) et de sable (8 à 9,5% selon les firmes), avec divers additifs chimiques. La concentration de ces adjuvants ne semble pas excéder 2% et se situe en moyenne autour de 1%.
Selon les structures géologiques rencontrées, les additifs chimiques, dont le rôle essentiel est de renforcer la fracturation hydraulique, et d’éviter la contamination bactérienne, auront des compositions très variables. Ceci explique, qu’en plus des produits répertoriés par l’EPA, de très nombreux autres composés sont signalés par d’autres organismes. Leur variété est très impressionnante …allant d’acides aminés essentiels (lysine, arginine..) jusqu’à des glycosides alkylés… En fait, toute la chimie semble s’être concentrée dans les fluides de fracturation… autant de réactions chimiques en puissance !!
"Dans les eaux usées rejetées lors de la fracturation apparaissent de nombreux sels hydrosolubles, entraînés lors de la lixivation des différentes couches géologiques traversées lors de la remontée des fluides. Beaucoup de ces éléments sont toxiques pour l’Homme, dont certains très toxiques (As, Ba, Cd, Pb,…)."...
La majorité des composés chimiques repérés dans les fluides de fracturation hydraulique d’exploration et d’exploitation des huiles et gaz de schistes ou hydrocarbures de roche-mère, sont pour l’essentiel des xénobiotiques, dont plusieurs sont très toxiques.
Il est évident que ces éléments naturels qui enrichissent l’eau de sortie des puits de fracturation, sont autant de polluants, qui vont perturber les stations d’épuration, classiquement saturées dans ces zones d’extraction.
Comble de difficultés, ces eaux rejetées, peuvent aussi concentrer des éléments radioactifs comme le radium 222, qu’il est pratiquement impossible d’éliminer.
Tous ces risques toxiques à plus ou moins long terme, ne doivent pas faire oublier les éventuels risques d’explosions et d’incendies, liés à la présence dans l’eau de sortie de gaz en particulier du méthane extrêmement volatil et très inflammable.
En sera-t-il de même en France, le pays européen dont les réserves seraient énormes. En effet, sous forme d’huiles de schiste, l’Ile de France possèderait 100.000 de m³ de ressources exploitables ! Quant aux gaz de schiste, les réserves entre Montélimar et Montpellier seraient de l’ordre de 500 millions de
m3, de quoi couvrir 90 ans de consommation actuelle de gaz.
...
Il semble parfaitement acquis que les dangers écologiques, sont bien plus considérables que les retombées économiques, pourtant très rentables pour les pétroliers et accessoirement pour les populations locales.
Aux Etats-Unis, l’exemple de la Pennsylvanie est particulièrement éloquent. Si 71.000 puits sont exploités actuellement ( il y en avait 36.000 en 2000), des régions entières de cet état très verdoyantes sont maintenant quasi désertiques, les nappes phréatiques étant asséchées et le sous-sol totalement pollué, avec en plus une eau de surface partiellement radioactive.
La dernière version du texte de loi est très en retrait par rapport à la proposition de loi Jacob qui prévoyait dans son article 2 l’abrogation des permis.
Le nouveau texte prévoit que l’instruction d’une procédure pouvant éventuellement conduire à l’abrogation sera confiée au seul Ministère de l’Industrie. Le lobby du Corps des Mines qui le verrouille et qui est favorable à l’exploration de ces hydrocarbures, y compris par des techniques non conventionnelles, aura ainsi les mains libres pour sa cuisine favorable aux industriels.
Face à cette reculade, il y a danger pour nos territoires et urgence pour les collectifs à se mobiliser.
Nous devons faire pression sur nos députés pour qu’ils votent l’abrogation des permis.
Nous devons leur demander en urgence des rendez-vous dans toutes les circonscriptions pour leur rappeler leurs engagements, nos revendications et notre détermination.
Plus que jamais, nous devons nous mobiliser et être nombreux devant l’Assemblée Nationale mardi pour rappeler à nos élus qu’ils sont comptables de leur vote.
Rendez-vous mardi 10 devant l’Assemblée Nationale"


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