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Pourquoi j’écris
Longtemps je me suis couchée tard : j’ai lu beaucoup, passionnément. Je lisais comme on s’enivre et, les yeux fermés, je lisais encore dans l’obscurité. S’endormir dans les mots d’un autre, le souffle d’un autre. Parfois, je réinventais le chapitre. C’est comme ça que l’écriture s’est imposée à moi, elle m’a sauté dessus, en traître et dans le noir. J’ai d’abord écrit uniquement pour moi et n’ai autorisé personne à me lire. Un jour pourtant, une amie a lu. Elle m’a conseillé un éditeur en me faisant promettre de lui envoyer mon manuscrit. J’ai obéi, il faut toujours honorer les promesses que l’on fait à ses amis. Mon premier livre a vu le jour très vite, il a même été récompensé par le Prix de la Ville de Paris. J’ai alors moins écrit car j’ai pris conscience que désormais, on m’attendait au tournant. Que les textes à venir seraient pesés, jugés, par moi d’abord. J’ai aussi eu peur de m’égarer en essayant de plaire - mais c’est pas parce qu’on met le pied dans quelque chose qu’on y perd son âme, pas vrai ? Et puis j’ai fini par admettre que moi aussi je pouvais avoir quelque chose à dire, que tout le monde a quelque chose à dire. Lorsque j’ai admis, j’ai à nouveau écrit. J’écris parce que je n’ai pas de talent d’oratrice et que le crayon m’aide à marcher droit, j’écris surtout pour continuer à voir du merveilleux là où certains ne voient plus rien.
Nadia Berquet
2 novembre 2011, par
Il fut un temps où tous les soirs à dix neuf heures, sitôt que la vieille Vedette avait lâché ses sept coups, je filais à la cuisine ventre à terre pour me servir mon premier (...)
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Bon feuilletage, bonne lecture.